
C'est la quatrième fois que j'atterris ici. Et c'est la première fois que je ne repars pas.
Ou plutôt, pas tout de suite.
Depuis septembre 2024, je reviens au Japon tous les six mois, portée par quelque chose que je n'arrivais pas tout à fait à nommer. Une sorte d'apaisement. Comme si, à chaque arrivée, un poids que je ne savais même plus que je portais disparaissait. Ce n'est pas le dépaysement. Ce n'est pas l'exotisme. C'est autre chose, quelque chose de plus juste, que je commence seulement à comprendre.
Il y a eu un moment précis. Un pop-up à Shizuoka, en septembre dernier. Les femmes que j'y ai rencontrées étaient toutes curieuses, attentives, vraiment là.
Malgré la barrière de la langue, les échanges ont dépassé le bijou. Ce sentiment, difficile à formuler, d'être exactement là où il fallait être. D'être, pour la première fois depuis longtemps, tout à fait moi-même.
Ce jour-là, j'ai su.
Alors j'ai pris une décision que j'aurais peut-être repoussée à l'infini, parce qu'elle fait peur, parce qu'elle dérange l'ordre des choses. J'ai décidé de venir m'installer ici. D'abord pour trois mois, en mode test, pour voir. Pour vivre, vraiment, ce que je ne fais qu'effleurer à chaque passage. Et si tout va bien, pour une année entière, dès cet été.
Est-ce que j'ai peur ? Oui. Pas de la solitude, pas du dépaysement. J'ai peur de ne pas être à la hauteur de la vision que je porte pour Atelier Siméon ici. J'ai peur que ce que j'ai ressenti soit plus grand que ce que je saurai construire. C'est cette peur-là qui m'accompagne. Et c'est aussi elle qui me pousse à avancer.
Je t'écris tout ça parce que tu fais partie de l'aventure, depuis le début ou depuis peu. Et parce que peut-être, toi aussi, il y a quelque chose qui revient. Un chemin que tu repousses, une voix que tu n'écoutes pas encore tout à fait. Je ne dis pas qu'il faut tout quitter. Je dis juste que si ça revient, il y a peut-être une raison.
Bien évidemment, Atelier Siméon continue de tourner exactement comme d'habitude.
À partir d'aujourd'hui, j'écrirai ici chaque semaine. Ce que je découvre, ce qui m'inspire, ce qui se met en place pour les prochaines collections. Si cette article t'a parlé, alors je t'invite vivement à lire les prochains.
From Osaka, with love,
Marion